Le fil conducteur de mon travail est depuis toujours la mémoire, que je m'efforce de faire resurgir au travers de ma peinture.
Pendant plusieurs années, les fenêtres, ouvertures sur le passé, traits d' union entre hier et aujourd'hui ont été le support unique de ma peinture : puis, lentement, une autre trace du passé s'est imposée à moi, celle de la rouille sur le métal, témoin du temps qui passe. La rouille, qui même sous sa forme la plus fragile, la plus rongée reprend vie pour témoigner…comme si les vides parlaient mieux que les pleins.
J' interviens peu, laissant plus parler la corrosion du métal que l' huile : la peinture alors s'adapte – ocre rouge , ocre jaune, orangé, terre d'ombre…et l'image se fixe…telle une trace.
Peinture ?, Sculpture ?...de plus en plus sculpture parce que se détachant du mur, de plus en plus peinture parce que s'exprimant jusque dans le noir de l'ombre, trace ultime de la matière.
Salon national d'arts plastiques (invitée d'honneur), Le Lude
1997
Week Art, Le Mans
Salon d'Automne (invitée), La Flèche
1999
Salon Figuration Critique, Paris
Espace Ravel, Paris
2000
Salon Figuration Critique, Sintra (Portugal)
2001
Puls'art, Le Mans
2004
Galerie Parchemine, Montréal (Canada)
2005
La Galri, Montréal (Canada)
2007
ARTéNIM, Nîmes
2008
Alter Ego Art Gallery, Brugge (Belgique)
2009
Affordable Art Fair, Amsterdam (Pays-Bas)
Collections et distinctions :
Musée du Mans Conseil Général de l'Aveyron H2OTEL (chambre d'artiste) à Rotterdam
Prix de la ville du Lude, 1992 Prix du XVII Symposium Neuroradiologicum, 2002 (Palais des Congrès, Paris)
Référencée dans le dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, de Jean- Pierre Delarge, 2001 Editions Gründ, Paris.
Du coeur en bois au corps en tôle Le nu temps de Stadnicka
Stadnicka, première époque : de vieilles fenêtres d'où transparaît le gris triste de nos restes de rêve au rythme d'une lente respiration. Celle du temps sur cet extérieur du foyer, du cœur donc,que sont les fenêtres. Stadnicka, deuxième période : la toile est tôle, le foyer est corps nu rouille qui ondule et vie quand la lumière caresse.
« Il suffit de bouger ou que la lumière change pour que l' œuvre apparaisse différente, légèrement différente ». Regardez et vous verrez. C'est le paradoxe Stadnicka de la tôle rouillée d'où émerge le vivant de dos, de devants, de fesses, de seins, de jambes, mais avant tout de corps beaux d'êtres femmes.
Il n'y a jamais eu d'art sans miracle, c'est-à-dire sans paradoxe : « la peinture, c'est avant tout des plages colorées » et « ceci n' est pas une pipe ». Oui et non. C' est bien paradoxalement tout autre chose que des plages et c'est bien une pipe. On peut chercher le miracle en niant la représentation, - supports-surfaces et autres minimalistes -, ou en niant la matière, - art conceptuel et autres symbolistes -. On peut le trouver en liant les extrémités lointaines de la matière, le rouille de vieilles tôles, et à celles tout aussi lointaines de la représentation, l' immuable représentation du corps féminin. Peinture ? Sculpture ? Fresque ? Fragments archéologiques ? Qu'est-ce ? De l'œuvre rouille, joli mot pas rouillé. Justement, de l'œuvre-risque du risque du corps en taule. Et contre ce risque, contre la matière, contre la représentation, il faut le corps libre du vivant, le temps nu. Que s'envolent les contraintes et que la lumière soit : que du ténu, du fragile. Rien de plus fragile sans effet que l' émergence de l'œuvre : la libre découpe du temps, la libre émergence des formes par la rencontre, sans cesse renouvelée, de la lumière dehors et la lumière dedans.
Pour de tels risques, il faut la superbe d'un Picasso et signer gros ou l'humilité d'une Stadnicka. C'est pas moi, c'est le temps qui passe. Il crée du merveilleux et il est là. Il crée du désir et c'est comme ça. Oui, le temps, c'est la lumière. Et c'est vrai physiquement, mais pas seulement. La vie, c'est l'ombre et la pluie de la nuit aussi. Et puis c'est la rosée du matin et les premiers qui font cuivre la rouille. La vie, c'est aussi l'onde. C'est même que de l'onde, du rayon lumineux, aux vagues de l'océan : du toujours pareil toujours différent. La tôle ondulée aussi est onde, mais une onde d'artéfact, d'objet fabriqué en série. Quoi de plus mort ! Puis viennent les vieilles tôles façonnées par le temps et qui revivent de leur lente décomposition à la nature. Puis vient Stadnicka qui les ramasse à la pelle pour changer le fer en œuvre. Pas en traces de vie, mais en vie de femmes traces. Pas comme des restes de Pompéi. Point de vivant rendu mort par la nature, mais du mort rendu vivant par la nature de l'art.
Les femmes traces ondulantes de Stadnicka, c'est du vivant capturé puis rendu libre par notre regard et nos émotions façonnées par elles et d'elle.
Charles Tijus Professeur des Universités Critique d'art
Mémoire de matière
Le fil conducteur de mon travail est depuis toujours la mémoire, que je m'efforce de faire resurgir au travers de ma peinture.
Pendant plusieurs années, les fenêtres, ouvertures sur le passé, traits d' union entre hier et aujourd'hui ont été le support unique de ma peinture : puis, lentement, une autre trace du passé s'est imposée à moi, celle de la rouille sur le métal, témoin du temps qui passe. La rouille, qui même sous sa forme la plus fragile, la plus rongée reprend vie pour témoigner…comme si les vides parlaient mieux que les pleins.
J' interviens peu, laissant plus parler la corrosion du métal que l' huile : la peinture alors s'adapte – ocre rouge , ocre jaune, orangé, terre d'ombre…et l'image se fixe…telle une trace.
Peinture ?, Sculpture ?...de plus en plus sculpture parce que se détachant du mur, de plus en plus peinture parce que s'exprimant jusque dans le noir de l'ombre, trace ultime de la matière.
Salon national d'arts plastiques (invitée d'honneur), Le Lude
1997
Week Art, Le Mans
Salon d'Automne (invitée), La Flèche
1999
Salon Figuration Critique, Paris
Espace Ravel, Paris
2000
Salon Figuration Critique, Sintra (Portugal)
2001
Puls'art, Le Mans
2004
Galerie Parchemine, Montréal (Canada)
2005
La Galri, Montréal (Canada)
2007
ARTéNIM, Nîmes
2008
Alter Ego Art Gallery, Brugge (Belgique)
2009
Affordable Art Fair, Amsterdam (Pays-Bas)
Collections et distinctions :
Musée du Mans Conseil Général de l'Aveyron H2OTEL (chambre d'artiste) à Rotterdam
Prix de la ville du Lude, 1992 Prix du XVII Symposium Neuroradiologicum, 2002 (Palais des Congrès, Paris)
Référencée dans le dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, de Jean- Pierre Delarge, 2001 Editions Gründ, Paris.
Du coeur en bois au corps en tôle Le nu temps de Stadnicka
Stadnicka, première époque : de vieilles fenêtres d'où transparaît le gris triste de nos restes de rêve au rythme d'une lente respiration. Celle du temps sur cet extérieur du foyer, du cœur donc,que sont les fenêtres. Stadnicka, deuxième période : la toile est tôle, le foyer est corps nu rouille qui ondule et vie quand la lumière caresse.
« Il suffit de bouger ou que la lumière change pour que l' œuvre apparaisse différente, légèrement différente ». Regardez et vous verrez. C'est le paradoxe Stadnicka de la tôle rouillée d'où émerge le vivant de dos, de devants, de fesses, de seins, de jambes, mais avant tout de corps beaux d'êtres femmes.
Il n'y a jamais eu d'art sans miracle, c'est-à-dire sans paradoxe : « la peinture, c'est avant tout des plages colorées » et « ceci n' est pas une pipe ». Oui et non. C' est bien paradoxalement tout autre chose que des plages et c'est bien une pipe. On peut chercher le miracle en niant la représentation, - supports-surfaces et autres minimalistes -, ou en niant la matière, - art conceptuel et autres symbolistes -. On peut le trouver en liant les extrémités lointaines de la matière, le rouille de vieilles tôles, et à celles tout aussi lointaines de la représentation, l' immuable représentation du corps féminin. Peinture ? Sculpture ? Fresque ? Fragments archéologiques ? Qu'est-ce ? De l'œuvre rouille, joli mot pas rouillé. Justement, de l'œuvre-risque du risque du corps en taule. Et contre ce risque, contre la matière, contre la représentation, il faut le corps libre du vivant, le temps nu. Que s'envolent les contraintes et que la lumière soit : que du ténu, du fragile. Rien de plus fragile sans effet que l' émergence de l'œuvre : la libre découpe du temps, la libre émergence des formes par la rencontre, sans cesse renouvelée, de la lumière dehors et la lumière dedans.
Pour de tels risques, il faut la superbe d'un Picasso et signer gros ou l'humilité d'une Stadnicka. C'est pas moi, c'est le temps qui passe. Il crée du merveilleux et il est là. Il crée du désir et c'est comme ça. Oui, le temps, c'est la lumière. Et c'est vrai physiquement, mais pas seulement. La vie, c'est l'ombre et la pluie de la nuit aussi. Et puis c'est la rosée du matin et les premiers qui font cuivre la rouille. La vie, c'est aussi l'onde. C'est même que de l'onde, du rayon lumineux, aux vagues de l'océan : du toujours pareil toujours différent. La tôle ondulée aussi est onde, mais une onde d'artéfact, d'objet fabriqué en série. Quoi de plus mort ! Puis viennent les vieilles tôles façonnées par le temps et qui revivent de leur lente décomposition à la nature. Puis vient Stadnicka qui les ramasse à la pelle pour changer le fer en œuvre. Pas en traces de vie, mais en vie de femmes traces. Pas comme des restes de Pompéi. Point de vivant rendu mort par la nature, mais du mort rendu vivant par la nature de l'art.
Les femmes traces ondulantes de Stadnicka, c'est du vivant capturé puis rendu libre par notre regard et nos émotions façonnées par elles et d'elle.
Charles Tijus Professeur des Universités Critique d'art